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L’Enfant Intérieur au centre de l’Être

· Voice Dialogue-Dialogue Intérieur

Pourquoi l’Enfant Intérieur est-il si important à contacter ?

L’enfant intérieur, de sa vulnérabilité à sa joie, guide beaucoup de nos pas dans notre vie d’adulte mais sans que nous en soyons toujours conscient.

« Vulnérabilité » ou « blessure » ou encore « corps de souffrance » selon Eckhart Tolle, tout cela ne vient pas de nulle part et surtout ne nous invite pas nulle part non plus.

Méconnaître cet aspect de nous induit, ou plus de souffrances qu’on s’inflige, ou l’infliger à autrui, ou un mélange des deux le plus souvent.

Reconnaître au contraire cette vulnérabilité/blessure/corps de souffrance, c’est non seulement le chemin vers la guérison mais aussi le chemin vers sa pleine originalité car derrière ces « épreuves » en apparence, il y a le trésor : une sensibilité qui nous donne accès à beaucoup plus d’humanité envers soi, les autres, la nature, toute la vie, même ce qui est inanimé. C’est donc là un grand pas que celui d’aller vers l’enfant vulnérable, blessé, souffrant. Au lieu de vouloir l’éradiquer comme une « mauvaise » herbe, le rejetant en même temps que l’enfance si celle-ci a été difficile, nous accueillons cet enfant.
Ne plus « jeter le bébé avec l’eau du bain » !
La souffrance ne peut pas disparaître ainsi, elle ne peut que s’amplifier au contraire.

L’enfant, c’est aussi la part spontanée, confiante, innocente et légère en nous et l’oublier au profit d’une conformité, d’une adaptation devient aussi souffrance.

La souffrance que nous nous infligeons à nous-même est celle d’ignorer ce que nous ressentons, ce que nous éprouvons sous prétexte que ce n’est pas adapté à l’autre, à la situation, que ce n’est pas « normal » voire que c’est honteux … si nous sommes en colère, triste, jaloux, apeuré …

L’émotion est, comme le dit EckhartTolle, « un panneau indicateur » qui interpelle : « Viens regarder par-là ».

C’est une invitation à se poser et à aller avec elle sans se laisser toutefois emporter par elle. Je me pose consciemment avec et je peux alors trouver un second souffle car là, je suis avec l’enfant intérieur, je lui laisse de la place et je l’écoute dans son ressenti. Cela prend le temps qu’il faut mais si je le fais à chaque fois que je suis interpellé, cela prend de moins en moins de temps pour rassurer l’enfant vulnérable, blessé, souffrant.

Si au contraire, je n’écoute pas cette émotion, je m’éloigne de l’enfant et d’autres aspects de mon « moi » viennent prendre alors la première place (exemple : une fermeture, une susceptibilité, une agressivité…), souvent pour le protéger, mais comme nous sommes inconscients de ce conditionnement, en réalité cela ne le protège pas du tout, cela le cache, que ce soit aux yeux des autres mais surtout à nos propres yeux et cela est une problématique majeure.

Pourquoi nos protections sont-elles souvent infructueuses ?

La souffrance est essentiellement là : lorsque nous nous éloignons de nous-même pour nous rapprocher de ce que nous pensons que l’autre attend de nous.

Quel paradoxe que de vouloir s’adapter, se conformer aux projections que nous portons sur l’autre, sur les autres, sur la vie même … ou de se rebeller contre ce que nous projetons pareillement sur l’autre, les autres, la vie.

Où est l’enfant intérieur dans toutes ces projections ?

Perdu de vue au profit d’un combat pour que l’autre m’accueille ou me reconnaisse tel que je suis alors que moi-même, je m’éloigne de ce que je suis vraiment.

Comment l’autre peut me reconnaitre, m’accueillir dans ce qui est ce moi profond en lien avec l’origine de la vie si je ne suis pas connecté à cette origine représentée par mon enfant intérieur ?

Faire confiance au corps, au cœur

Me tourner vers l’enfant intérieur, c’est déjà reconnaitre que je ne le connais pas suffisamment donc je ne me connais pas suffisamment.

Je sais peut-être raconter son histoire mais suis-je en lien alors avec ce qu’il a éprouvé dans cet instant de l’histoire ?

Faire confiance au corps qui a engrammé ce ressenti toujours présent si l’histoire contée n’a pas été libérée.

Ne plus m’abandonner ! Autrement dit, ne plus abandonner l’enfant intérieur, ce qu’il ressent, et cela passe par le cœur nécessairement. Ne plus nier, voire condamner les émotions et écouter le corps, comment il y répond. Est-il détendu, sous tension, où ?

S’abandonner, cette fois dans le bon sens du terme, s’abandonner à ce qui se vit en soi sans jugement.

Nous n’avons pas besoin d’être parfait.

C’est une « idée » qui vient de la tête, pas du cœur.

Il est vrai que c’est un véritable chemin que de descendre dans le corps, dans le cœur alors que nous avons été le plus souvent habitués à passer par le mental, le jeu des projections, de croyances.

C’est folie que de vivre ainsi pourtant.

Où est notre vérité ?

Pour la trouver, écouter cœur et corps nous parler de l’enfant intérieur dans toutes ses facettes, car il est riche en couleurs, c’est indéniable et chez nous tous, sans exception.

Il est temps d’arrêter de vouloir toujours mettre la priorité à l’extérieur, à essayer de solutionner tous les problèmes à l’extérieur sans en passer par l’essence : soi avec soi-même, soi avec l’enfant intérieur !

Lâcherons-nous prise de nos mécanismes de défense pour creuser ce qui se présente à nous sous différentes formes, y compris sous forme d’épreuves, d’obstacles, d’émotions ? Ou détournerons-nous notre regard au profit d’un mécanisme de défense plus costaud, plus établi encore, qui construit une cuirasse émotionnelle, nous contractant plus encore ?

Nous pouvons au contraire respirer, se remettre dans l’instant présent et se poser cette question : « Comment va mon enfant intérieur ? »

Revenir à lui, à son ressenti, à son besoin !

Souvent, il veut être aimé, reconnu, rassuré et surtout pas jugé ou ignoré.

Par nous-même surtout.

C’est un art de savoir communiquer avec notre enfant intérieur et comme tout art, cela demande plus ou moins de temps selon les personnes. Peu importe le temps que cela prend, l’essentiel est de commencer et de persévérer, comme souvent lorsque nous sommes en apprentissage d’un nouvel art. Tâtonnons avec lui.

Il y a évidence, cela dit, lorsque nous avons su trouver les bons mots, la bonne attitude, lorsque la communication s’est établie avec lui car il y a alors apaisement, détente, même si ce n’est qu’un peu au début, continuons, restons avec lui et cela peut ouvrir à un sentiment d’amour qui nous remplit.

Alors surtout à recommencer, à continuer, à ne pas oublier, à ne pas commettre cette erreur de « maintenant, c’est fait donc plus besoin d’être vigilant » et je me laisse de nouveau embarqué par mon quotidien et je le laisse à nouveau tomber. Il va se manifester forcément et ça ne sera pas agréable. Mais l’essentiel est qu’il s’exprime encore et que nous l’écoutions à nouveau.

Nul besoin d’être parfait !

Rencontrer son enfant intérieur dans toutes ses polarités

  • En écoutant nos émotions, notre corps.
  • Avec un thérapeute (au moins au début) en faisant de l’Imagination Active, du Voice Dialogue, du Rêve éveillé, de l’hypnose, de la sophrologie, de l’interprétation des rêves
  • Dans la nature, au contact des différents règnes, des différents éléments
  • Par la créativité : écriture, dessin, peinture, sculpture, chant, danse, musique (pour l’enfant innocent, joueur, magique, créatif, confiant …)
  • Par la méditation, la contemplation
  • Par le jeu avec autrui

Témoignage de C.G Jung sur ses retrouvailles avec l’enfant intérieur

Un extrait du livre « Ma vie » (1) de C.G Jung : « J’ignore tout à un tel degré que je vais simplement faire ce qui me vient à l’esprit. » relate Jung et il continue « Je m’abandonnai de la sorte consciemment aux impulsions de l’inconscient. Dans cet état d’esprit, la première chose qui se produisit fut l’émergence d’un souvenir d’enfance datant de ma dizaine ou onzième année. A cette époque de ma vie, j’avais joué passionnément avec des jeux de construction. Je me souvins clairement comme j’édifiais de petites maisons et des châteaux (…). A ma grande surprise, ce souvenir émergea accompagné d’une certaine émotion.

« Ah, ah ! me dis-je, là il y a de la vie ! Le petit garçon est encore dans les environs et possède une vie créatrice qui me manque. Mais comment puis-je parvenir jusqu’à elle ? ». Il me paraissait impossible
que l’homme adulte enjambât la distance entre le présent et ma onzième année. Toutefois, si je voulais rétablir le contact avec cette époque de ma vie, il ne me restait rien d’autre à faire qu’à y retourner et y accueillir une fois de plus, pour le meilleur et pour le pire, l’enfant qui s’y adonnait aux jeux de son âge.

Ce moment fut un tournant de mon destin. Je ne m’abandonnai finalement à la plongée dans le jeu qu’après des répulsions infinies et non sans éprouver un sentiment d’extrême résignation. Ceci n’alla pas sans susciter l’expérience douloureuse de l’humiliation de ne pouvoir réellement rien faire d’autre que de jouer.

C’est ainsi que je me mis à collectionner les pierres dont j’avais besoin en les ramassant soit sur le bord du lac soit dans l’eau ; puis je me mis à construire de petites maisons, un château, tout un village. (…)

Chaque jour, après le déjeuner, quand le temps le permettait, je m’adonnais aux constructions. A peine la dernière bouchée avalée, je « jouais » jusqu’à l’arrivée des malades ; et le soir, si mon travail avait cessé suffisamment tôt, je me remettais aux constructions. Ce faisant, mes pensées se clarifiaient et je pouvais saisir, appréhender de façon plus précise des imaginations dont je n’avais jusque-là en moi qu’un pressentiment trop vague. (…)

Chaque fois que, par la suite, il m’est arrivé de me sentir bloqué, je peignais ou je sculptais une pierre ; et chaque fois, c’était un rite d’entrée qui amenait des pensées et des travaux. »

  1. « Ma vie » C.G Jung, éditions Gallimard, 1966, P. 201, 202, 203

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